Retour aux sources

 

Prat, petit village des Baronnies, et berceau de nos origines Cazaubon.

Il y eut ceux qui durent rester pour vivre.

Il y eut ceux qui durent partir pour vivre.

Chacun des « enfants de Tite », c’est-à-dire, de ses descendants, eut, à son tour, à trancher face à ce dilemme particulièrement cruel, puis à assumer son choix et sa décision avec courage.

Ce choix qu’ils firent détermine aujourd’hui encore la vie de chacun d’entre nous, leurs descendants: la langue qu’il parle, le passeport qu’il porte, et l’hémisphère de la planète dans lequel il vit.

Tite, lui-même, avait eu à suivre l’Empereur jusqu’en Russie, puis à survivre à la dramatique retraite, avant de décider pourtant de revenir vieillir, puis mourir à Prat.

Le premier à être parti sans retour fut Louis, l’un de ses fils, parti chercher en Argentine une vie meilleure pour lui et pour les siens.

Le frère de Louis, Jean-Jacques, dit « Jacquou », demeura au pays: l’aîné, il avait hérité de la terre et de la maison.

Parmi les six enfants vivants de Jacquou et Jacquette, Françoise, Louis, Jean-Claude, et Marcelin suivirent ensuite celui qui était déjà devenu « Tio Louis », l’oncle argentin.

Jean-Baptiste, l’aîné des six, dût se résoudre, quant à lui, à rester. Mais bien qu’ayant, à son tour, hérité du lopin familial, il dût, lui aussi, pour compléter les maigres revenus tirés de la terre et pour subvenir décemment aux besoins de sa propre famille, accepter de descendre travailler comme maçon, dans la vallée de la Garonne, à Montréjeau : deux de ses quatre enfants y naquirent. En ville. Déjà.

Jean-Baptiste fut le dernier à s’accrocher à la terre, puis à y mourir, épuisé. C’était en 1930.

Après lui, ses enfants quittèrent tous "un à un" le pays.

Aujourd’hui, en 2009, seules, les deux filles de son cadet, Jean-François, dit "François", resté, lui aussi au hameau  « Rétégaou » du tout proche village de Lahitte, vivent encore dans les Baronnies. Elles ont près de cent ans, et ne laisseront derrière elles aucune descendance.

La dernière page va donc bientôt se tourner.

Cette histoire est simple ; elle est belle.

C’est surtout une histoire vraie. Celle qui nous a façonnés, nous les « filles et les fils de Tite ».

Loin d’être emportée par les tourbillons de la vie moderne  qui condamnent souvent à l’oubli, elle resurgit aujourd’hui du plus profond de chacun d’entre nous, sous forme d’une lettre, d’une photo, d’une parcelle de souvenir, pièce parfois unique d’un émouvant puzzle qu’il nous revient désormais de reconstituer, avant de le léguer aux générations futures auxquelles il appartient de manière imprescriptible.

Le présent site se veut le creuset moderne où chacune et chacun de ceux qui se sentent aujourd’hui détenteurs d’une de ces parcelles du puzzle de l’histoire familiale, pourra venir l’y déposer.

Le message ainsi porté aux générations futures, n’en sera que plus riche et  plus fidèle, et par conséquent plus puissant.

 

 

 

 

 

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